Le Château



SITUATION :

Le château de la Bretonnière est perché à mi-pente du côteau qui domine la vallée de la Galaure, au-dessus du village de Mureils. Il est assez discret, dans la mesure où, depuis la route qui traverse Mureils, il n'est pas vraiment visible ,car entouré  d'un  parc magnifiquement arboré.



SON HISTORIQUE : 

L’histoire de la Bretonnière, une des plus vieilles demeures de la Drôme des Collines, remonte au moyen-âge.  Maison forte à toit pentu et à fenêtres à meneaux, on l’appelait «la seigneurie de la Bretonnière ».  Celle-ci fut érigée sur un promontoire rocheux, fort probablement, à partir de bâtiments abritant une garnison militaire liée aux fameux bretons qui prenaient possession de territoires au sud de l’Europe. L’ensemble architectural prit de l’ampleur vers les années 1300. À partir du XVIIème siècle, la Bretonnière subit quelques transformations dans le style gentilhommière, destinées à la rendre plus ouverte à l’instar des châteaux qui se construisaient le long de la Loire, avec un toit d’ardoise percé de chiens assis et avec des charpentes pointues sur chacune des tours. Cette bâtisse, aujourd’hui séparée des corps de ferme, est fortement marquée par l’époque Renaissance, avec dans la cour d’honneur une tour octogonale abritant un escalier à visse. On y accède par une très belle porte surmontée d’une moulure en anse de panier et ornée d’un fronton en partie effacé pendant la Révolution.

Cette propriété a appartenu à plusieurs familles nobles et célèbres dans le Dauphiné.  Dès le XIIIème siècle, on retrouve les noms de ces familles aristocrates qui se sont transmises cette propriété, notamment par les mariages, jusqu’à la révolution.

Ainsi nous pouvons citer les familles :

      D’ALLEMAND

      CLERMONT-CHASTE

      ROSTAING-CHAMPFERRIER

      De BOVET

      NUBLAT

Chacune a laissé son empreinte sur certaines cheminées, vitraux ou autres pièces d’architecture. Ainsi nous retrouvons des blasons représentant notamment le bœuf des Bovet et les clefs des Clermont dans certains écussons. Fin 19-ème , on voit apparaitre un nouvel écusson contenant 3 trèfles , réalisé à la demande du propriétaire de l’époque.

 Après la révolution, la propriété passe aux mains de plusieurs grandes familles de notables.

 

·         Le Colonel Hyppolite BAJARD.

·         Ferdinand ST CYR MAILLE

·         Vincent Marie De GARCIN De MURE, Vicomte de LARNAGE

·         L’industriel Claude Félicité BALLET-GALIFET, adjoint au Maire de la ville de LYON qui a racheté en 1894 la propriété au Vicomte De LARNAGE et y fît des travaux d’embellissement important ainsi qu’un aménagement du parc par le célèbre paysagiste Joseph LINOSSIER (qui officiera pour la villa BERLIET). Ill y reçut alors le Président de la République Emile LOUBET, originaire de Montélimar

·         Maurice MOATI et Yvonne BLUM.

·         Les avant-derniers propriétaires étaient des industriels (soyeux) Lyonnais (Famille LONGIN -GAUTIER -BERNARD), suivis d'une famille de Francfort, Friedrich Paul BOMBOESE apparenté à Karl Rudolf Gerd VON RUNSTEDT, chef d’état-major de la XV -ème armée allemande)

Après avoir été convoitée par Alain Delon et Charles Trenet, cette propriété appartient maintenant à une famille qui s’attache à la restaurer dans les règles de l’art depuis plus de 30 ans et la font revivre par l’accueil d’artistes en villégiature ou par des concerts et expositions (Claire Chevrier, Valérie Dumas, Jean Pierre Blanpain, Alain Bachelard et bien-sûr le peintre Jab…. et tout dernièrement Le quartet de jazz d’Alain Brunet).

Ce château a été marqué par des histoires originales comme :

      Celle de la source Sainte Épine, liée au don par Saint-Louis d’une épine de la couronne du Christ à l’archevêque de Vienne, alors propriétaire, et cela suite au rétablissement miraculeux d’un Chevalier Croisé qui avait contracté la peste au retour de Jérusalem. De nombreux chrétiens venaient vénérer en procession cette relique sacrée et prendre de l’eau de la source Sainte Épine dans le bois de la Bretonnière.

      Celle de l’eau ferrugineuse de cette même source de la Bretonnière déclarée à la fin du 19ème siècle d’utilité publique et autorisée à être mise en bouteille, réputée pour guérir le « lymphatisme et le scrofule ».

      Celle d’Hippolyte BAJARD, chirurgien et politicien qui s’affilia à des sociétés secrètes comme les « Carbonari » en 1821 et aux « Droits de l’Homme », opposé au gouvernement de Louis-Philippe. Il présida la « Société Républicaine de Romans ». Chef de bataillon de la Garde Nationale, en 1834, il fut élu député de la Drôme.

      Ou celle plus récente, qui mentionne que cette demeure a servi de refuge à des résistants pendant la guerre de 40 durant laquelle l’un des fils de la maison fut tué au front.

Cette propriété comprend plusieurs parties : 

      Le Château (la seigneurie), corps principal, flanqué de 3 tours dont 2 symétriques avec une façade ouverte sur un jardin-esplanade où l'on trouve un grand cèdre plus que centenaire.  Il garde sa charpente du XVème siècle.

      La commanderie, qui comprend l’orangerie, la salle d’armes et un appartement qui se termine dans une tour.

      La loge, petite maison à l’entrée de la propriété.

      Enfin le garage, les écuries, le lavoir et le pigeonnier.

 

Le parc d’environ 6 hectares, composé de prés en terrasses, d’un verger et d’un bois délimité par une combe au creux de laquelle coule la source Saint Épine, entoure la Bretonnière.